samedi, 23 août 2008
Le temps de l'économie durable est arrivé, par Corinne Lepage
En matière économique, la méthode Coué n'a guère d'efficacité. La récession à laquelle nous devons faire face devrait être l'occasion de mettre en place une révolution économique comparable à celle qu'a pu être, au moment de la crise de 1929, le New Deal. Certes, on pourrait objecter que ce n'est pas dans les périodes de récession que l'on peut changer les orientations, puisqu'il faut au contraire tout faire pour relancer la croissance, et par voie de conséquence privilégier les secteurs industriels traditionnels qui sont les plus conséquents en termes d'emplois.
Mais c'est précisément parce que nous sommes dans une récession dont l'origine est due aux comportements "anti-durables" des acteurs économiques ("anti-durable" étant compris comme l'antithèse de ce qu'une démarche globale et intégrant le long terme aurait induit) que le moment est venu de faire notre révolution.
Révolution énergétique d'abord, en tournant délibérément le dos à la société du pétrole. Cela implique d'employer toute notre capacité à continuer de réduire notre utilisation pétrolière, même si le prix du baril baisse. Rappelons que les ressources des sociétés et des Etats pétroliers n'ont jamais été aussi élevées, ce qui permet à ces derniers et à leurs fonds souverains de racheter à bas prix des pans entiers de l'économie occidentale.
Les comportements des consommateurs ont commencé à changer. J'ose espérer que les arbitrages budgétaires pour 2009 continueront à les encourager dans cette voie, non seulement par le système du bonus-malus (puisque le bonus a un effet incitatif en termes d'achat, ce qui n'est pas négligeable en période de récession économique), mais également par la généralisation des plans de déplacements, par la systématisation du covoiturage, par une véritable impulsion donnée aux transports collectifs et aux déplacements doux. Toutes les conséquences doivent en être tirées, notamment l'abandon de toute nouvelle voirie autoroutière, pour transférer les crédits correspondants sur le transport collectif.
Il faut également un changement complet de politique en termes d'aménagement du territoire pour rapprocher le domicile du travail, et favoriser les politiques de relocalisation que l'augmentation massive du coût de transport va enfin permettre. Le rapprochement des lieux de production des bassins de consommation va être rendu possible par un transport qui paiera la réalité de son coût et de son énergie. La réduction de notre dépendance énergétique passe bien sûr par une réduction massive de notre consommation énergétique indépendamment du transport. C'est l'occasion d'orienter les dépenses réduites des ménages et des entreprises non pas vers la consommation courante et inutile, mais vers des investissements générateurs d'économies pour les ménages et la collectivité.
C'est une véritable reconversion industrielle qui apparaît nécessaire pour rendre possible un développement durable individuel et collectif. Cela veut dire aussi sortir de cette contradiction totale entre la publicité (au sens traditionnel ou au sens politique du terme) en faveur du "toujours plus" et la conscience de plus en plus répandue de l'impossibilité du "toujours plus". Le développement doit être sobre, c'est-à-dire offrir moins de produits et davantage de services.
Révolution alimentaire, également, en tournant le dos aux politiques suicidaires poursuivies dans les pays du Nord et du Sud. Celles-ci conduisent à une crise alimentaire dans les pays du Sud que les bonnes récoltes de 2008 ne suffiront pas à résoudre, à un renchérissement massif de l'alimentation dans les pays du Nord qui ne profite guère à l'immense majorité des agriculteurs et qui a conduit à une pollution pour des décennies des sols, des sous-sols et des eaux, notamment en France.
Même des organismes favorables à l'agriculture intensive, comme l'Institut national de la recherche agronomique, reconnaissent que le moment est venu de changer de politique : relancer l'agriculture vivrière dans les pays du Sud, abandonner des cultures déraisonnables compte tenu de leurs besoins en eau dans les pays secs, généraliser le système des Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne afin d' améliorer la qualité de vie des producteurs comme celle des consommateurs, utiliser la science, développer massivement les techniques de l'agriculture biologique et intégrée, réduire dans les villes du Nord la part carnée de l'alimentation au bénéfice des calories végétales.
Le renchérissement du coût de la vie et une meilleure information en termes de santé permettent aux consommateurs des pays riches de changer leur comportement. La crise alimentaire mondiale rend obligatoire pour les pays du Sud un changement de stratégie auquel tous les responsables des choix tragiques d'hier les invitent !
Révolution financière enfin, en sortant de la tragédie de l'immédiateté et de la cupidité qui veulent ignorer les conséquences à long terme, ignorance rendue d'autant plus facile que les conséquences en termes individuels apparaissent en règle générale inexistantes. Il est plus que temps que la pierre angulaire du libéralisme, c'est-à-dire la responsabilité, reprenne ses lettres de noblesse. Cela signifie que tout acteur économique ne serait plus assuré comme aujourd'hui de son impunité, voire de ses "parachutes dorés" en cas d'échec. Il serait au contraire assuré de sa responsabilité personnelle, ce qui impliquerait la prise en compte du long terme. De même, il est plus que temps de sortir d'un hyper-capitalisme financier qui tue l'économie réelle et se moque comme d'une guigne du long terme. C'est précisément en réintroduisant l'avenir dans les mécanismes financiers et dans les contrôles, qu'il s'agisse des règles prudentielles ou des limitations qui vont apparaître comme indispensables dans la liberté dont jouissent les fonds souverains par exemple, qu'une économie durable pourra se mettre en place.
En réalité, ce à quoi la récession nous appelle est une révolution des valeurs. L'effacement de l'avenir dans nos sociétés ? qui se traduit notamment par une hyper-matérialité, une valorisation extrême du court terme, voire de l'immédiat, est la cause de nos maux. Nous n'avons plus le choix d'un changement de paradigme. L'économie durable est le seul remède qui permettra à la planète à la fois de répondre aux limites physiques que rencontre la croissance et à la nécessité de permettre un développement harmonieux et plus solidaire de nos générations.
Corinne Lepage, ancienne ministre, présidente de CAP21. Vice-présidente du MoDem.
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mardi, 15 juillet 2008
Hommage à Bronislaw Geremek
C’est avec une grande émotion que nous avons appris dimanche le décès de Bronislaw Geremek, figure légendaire de l'opposition anticommuniste en Pologne, défenseurs des libertés.
Les jeunes du Mouvement Démocrate du Bas-Rhin saluent la mémoire de celui qui fut un des fondateurs de Solidarność, ministre des affaires étrangères et artisan de l’intégration de son pays à l’Union européenne.
Elu au parlement européen de Strasbourg en 2004, il siégeait avec nos députés au sein du groupe ADLE. Candidat à la présidence du parlement, il avait recueilli plus de 200 suffrages de parlementaires ce qui aurait fait de lui le premier président du Parlement de l'Europe réunifiée.
Nous l’avions soutenu l’an dernier quand son pays a voulu le priver de son siège de député en proposant la loi de « lustration », obligeant les parlementaires à déclarer d’éventuelles collaborations passées avec les services spéciaux communistes. Bronislaw Geremek avait résisté avec une grande force à cette pression qu’il vivait comme un affront.
Homme de conviction, c'est un grand démocrate et un grand européen qui vient de disparaître.
Les Jeunes du Mouvement Démocrate auront à cœur de continuer à défendre l’idéal européen qui lui tenait tant à cœur : celui d'une Europe unie, démocratique, forte et porteuse d'un véritable projet pour les citoyens.
18:39 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 11 juillet 2008
Université de rentrée Cap Estérel
L' Université de rentrée du Mouvement Démocrate aura lieu les vendredi 5, samedi 6 et dimanche 7 septembre prochains à Cap Estérel (commune de Saint-Raphaël) dans le Var. Retrouvez toutes les informations pratiques concernant votre hébergement et votre séjour à Cap Estérel sur le site de l'Université de rentrée 2008. Vous pouvez vous inscrire et régler votre participation en ligne sur le site de l'université.
16:37 Publié dans Invitations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 02 juillet 2008
François Bayrou : "une incroyable aurore après une si longue nuit"
François Bayrou a salué mercredi soir, après l'annonce de la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, "une incroyable aurore après une si longue nuit". En cet instant de libération, je pense aux enfants et aux proches d'Ingrid Betancourt. C'est pour eux, si cette nouvelle est confirmée, la fin d'un calvaire, une incroyable aurore après une si longue nuit. Cela va rendre des millions de personnes heureuses, en tout cas en France, tant Ingrid Betancourt avait pris le visage du martyr innocent, victime de forces sans pitié. Il faut en même temps remercier ceux qui ont pris la responsabilité et le risque de l'opération qui a libéré ces otages. Ce n'était pas une décision facile à prendre et la détermination du gouvernement colombien doit être saluée."
23:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 13 juin 2008
Réaction au Non Irlandais
23:25 Publié dans Thématique : Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 12 juin 2008
Plan Campus à Strasbourg
L'université unique de Strasbourg, dès sa création en 2009, sera l'un des dix pôles universitaires à bénéficier de la cagnotte « Opération campus ». Les six premiers lauréats ont été retenus. Quatre autres seront connus en juillet. Le dossier de candidature strasbourgeois comporte 23 chantiers à engager d'ici à 2011.
Avec 42 000 étudiants (dont 20% d'étrangers), 1 458 enseignants et/ou chercheurs, plus de 40 unités de formation et de recherche (UFR), instituts et écoles, 87 unités de recherche, l'université unique de Strasbourg, constituée dans six mois, deviendra un poids lourd en Europe. Cette fusion, au 1er janvier 2009, de Louis-Pasteur (sciences et médecine), Marc-Bloch (lettres et sciences humaines) et Robert-Schuman (droit et sciences politiques) venait à point nommé alors qu'était lancée l'« Opération campus ». Car l'enjeu de la fusion, comme l'ont répété les présidents d'université, Alain Beretz (ULP), Benoît Michon (UMB) et Florence Benoît-Rohmer (URS), c'est de construire la première université française. Mais c'est aussi de lui attirer des soutiens qui aillent au-delà de la simple addition des trois dotations actuelles.
Un campus, quatre sites
Cet argument, et les bons échos reçus après la décision de fusion, donnaient donc de l'espoir à la candidature strasbourgeoise. S'y ajoutait une solide « lettre d'intention ». Elle soulignait le rayonnement transfrontalier, européen et international de ce pôle universitaire, son excellence en enseignement et en recherche, sa pluridisciplinarité. Elle indiquait que, malgré son implantation sur quatre sites (Cronenbourg-Schiltigheim, Centre historique-Esplanade, Hôpital, Illkirch), le campus restait dense et cohérent, intégré dans la cité. Pour autant, dans les 110 bâtiments de plusieurs générations (période allemande, années 60, période contemporaine), des restructurations, parfois lourdes, deviennent indispensables. Le projet proposait donc, en cas de succès de la candidature strasbourgeoise, d'engager la cagnotte ainsi reçue dans le financement de 23 chantiers. Au total, ils représentent 433 millions d'euros, pour des opérations souvent cofinancées avec les collectivités locales, parfois avec des partenariats privés.
Mais qu'est-ce que l'« Opération campus » ?
Elle a été lancée en février par Valérie Pecresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Il s'agit de distribuer à dix pôles universitaires les 3,7 milliards d'€ (on pensait à 5 à l'époque) que l'État a empochés en vendant 3% d'Électricité de France. L'État veut ainsi donner un coup de pouce exceptionnel au rayonnement de dix campus, université ou groupe d'universités. Comment sont sélectionnés les campus ? Un comité de 8 personnalités, dont Gilles Pélisson (président du groupe Accor), Robert Lacroix (ancien président de l'université de Montréal) et le conseiller d'État Hubert Blanc, a fait une sélection. La ministre a tranché. La première liste de six campus a été donnée le 28 mai. Une seconde liste (de rattrapage) de quatre campus sera connue fin juin. Les critères de choix ? La ministre les a énumérés : l'ambition pédagogique et scientifique, l'urgence de la situation immobilière, le développement de la vie de campus, le caractère structurant et innovant pour le territoire. L'aspect environnemental, l'accès aux handicapés et l'inclusion des nouvelles technologies sont aussi regardés de près. Combien de candidats ? Quarante-six « notes d'intention » ont été envoyées au ministère. Plusieurs universités se sont regroupées comme à Bordeaux, Aix-Marseille ou Strasbourg. Certaines ont donné des noms aux projets : « Caen Plus », « Campus Est » (pour Créteil), « Campus sapiens » (pour Orléans-Tours).
d'après DNA
photo : afges
14:28 Publié dans Thématique : Enseignement supérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





